Ma pratique artistique explore l’instabilité. Elle mute l’art visuel comme représentation, en art visuel comme action. Je vois l’art comme un moyen d’être avec les autres, de créer des communitas où engager des conversations difficiles. Pour moi, l’art autant que les communautés sont des processus de transformations réciproques entre participant(e)s et assemblage. Mon œuvre est nécessairement transformée par le public. Je choisis la position de la liminalité et de l’ambivalence (art et science, tradition et innovation, soi et société, anthropologie et empathie…) comme méthode de résistance à l’altérité et à la peur.

Je vois ma pratique comme un exercice de perte de pouvoir.

 

Formellement, mon travail est marqueté : techniques aussi bien traditionnelles qu’innovatrices en arts imprimés, performances, BioArt, livres d’artiste… La cohérence se trouve dans la thématique abordée. Je considère le temps comme une accumulation de blessures, l’identité individuelle aussi bien que collective comme une topographie de cicatrices. J’explore donc le corps social à travers le corps physique, en employant des méthodologies inusitées axées sur l’inclusivité.

 

Il est essentiel pour moi de démocratiser l’art conceptuel, de démontrer qu’il n’est pas que froid et cérébral, mais peut aussi être très cathartique. Ma stratégie pour intéresser le grand public est de lui parler de lui-même. À travers des appels ouverts sur les réseaux sociaux ou le bouche-à-oreille, j’invite le public à se laisser rendre vulnérable par l’art. À devenir sujet ainsi que médium de l’œuvre.

 

À titre d’exemple, dans Conversations bactériennes, des bactéries collectées sur les blessures tant physiques que psychologiques d’étrangers, sont amenées à croître ensemble. Les colonies bactériennes ainsi crées forment une lente performance de groupe, avec le trauma pour fil d’Ariane. Avec Ayoye, ouch., un sondage effectué sur le web recueillant des narratifs de souffrances, se résout en un livre d’artiste les consignant dans de précieux écrins. Avec Montre-moi où, un appel à tou.te.s suivi d’entretiens en personne permet de créer des gravures laser sur bois où les traumas de ces individus deviennent d’intrigantes blessures allégoriques. Ou encore avec Ayoye, des photos de plaies obtenues à travers un appel ouvert sur Facebook deviennent des centaines de ludiques tatouages temporaires distribués gratuitement…

 

J’utilise le corps humain parce qu’il est solidement ancré dans les traditions de l’art visuel ainsi que de la science, mais aussi parce que c’est un système complet, dont tout le monde fait l’expérience et qui peut donc servir de métaphore pour toute autre structure sociale ou métaphysique. À travers ces réciprocités, la blessure physique est l’histoire d’un trauma, les colonies de bactéries agissent comme allégorie des sociétés humaines : le corps malade est aussi bien celui de l’individu que de la société.

 

Je travaille différents mediums, avec une attirance idéologique pour l’art performatif et les médias d’impression, qui par leur nature rendent l’œuvre plus accessible; financièrement ainsi qu’à travers ses lieux de présentation. J’envisage aussi le BioArt comme méthode de résistance de l’artiste face à la prétendue hégémonie de la science. Mon approche du BioArt usurpe à la biologie, à l’anthropologie et à la psychologie.

 

Artiste et imposteure scientifique, je pointe le besoin de communalisation de la science autant que de l’art.

English!     :)

My art practice explores instability. It morphs visual art as representation into visual art as action. I view art as a way of being with others, of creating communitas where difficult conversations can happen. For me, both art and communities are processes of reciprocal transformation between the individual and the assemblage. I choose the stance of liminality and ambivalence as a method of resistance to otherness and fear.

I see my practice as an exercise in loss of power.

 

            My work oscillates between the physical body as imagery, medium and research field and the social body. I explore the physical body through the use of bio-technological tools and the social body via unusual methodologies focusing on inclusivity. Through open calls on social media, word of mouth or fieldwork, I invite the public to be made vulnerable by art. They then become both subject and media of the piece.

            For example, bacteria were collected on the wounds of strangers and made to grow together. This growth became a slow group performance discussing traumas. Or an online survey aggregating narratives of traumatic experiences was transformed into an artist(s) book where sufferings are guarded in precious boxes. Images of wounds obtained through an open call on facebook became hundreds of temporary tattoos that were distributed for free…

             I thrive to create spaces where difficult conversations can happen. I use the human body because it is solidly anchored in the tradition of both visual arts and science, but also because it is a complete system that everyone experiences.  The body can serve as a metaphor of any other societal or metaphysical structure. Through this network of reciprocity, the physical wound is the narrative of trauma, the colonies of bacteria act as an allegory for human society, and the ill body is that of the individual as well as their society.

 

I work with numerous mediums, but I’m ideologically drawn to performance art and print media as ways to disrupt the feint rarity of art. I also use Bio-art as a method of resistance of the artists in face of the fascination exerted by science. My approach to bio-art usurps elements from biology, anthropology, and psychology.  Acting as an impostor scientist, I point at the need for communing both art and science.

Alix Roederer

alixroederer@gmail.com | alixroederer.com | 514-980-6036

 

FORMATION

 

2016-2019        BA, Major in Print, Concordia University, Montréal

                               (not completed)

2010-2012        Diploma of College studies in Cinema, CEGEP de Rosemont, Montréal

2009                  Creative Writing, CEGEP du Vieux-Montréal, Montréal

 

 

SOLO EXHIBITIONS AND FESTIVALS

 

avril 2019         Montre-moi où, Espace 517, Montréal

2018                   Conversations Bactériologiques, performance art, Rencontre Interuniversitaire de

                            Performance Actuelle (RIPA), Montreal

2018                   Fonds de tiroir, café Atomic, Montreal

2017                   enVol, (collaboration   with    Isa  Pardi), café    Atomic, Montreal

2017                   Ayoye, performance art, Catharsis - Champs des possibles, Montreal

2017                   Que restera-t-il de moi après la purification, performance art, Tokyo and Montreal

 

 

GROUP EXHIBITIONS

 

2018                   Après, presented by FOFA gallery, Montréal and Pavillon le Mobile du Musée

                           d’Art Contemporain des Laurentides (MACL), Saint-Jérôme

2018                   Legacies – Boundless Dialogues, Concordia University Library

2017                   Surface Inc., presented by FOFA gallery, Montréal

2017                   Student Print Exhibition, Gallerie A.Piroir, Montréal

2017                   Prendre Forme // Taking Shape, MousePrint Gallery, Montréal

2016                   Octobre, La flèche rouge, Montréal

2016                   Student Print Exhibition, Gallerie A.Piroir, Montréal

2012                   Images en tête, Cinéma Beaubien, Montréal

2008                   Halloween, Krashart, Montréal

 

BIBLIOGRAPHIE

 

2018            Reinhart, M. "Boundless Dialogues with Jacques Fournier." Book Arts Art Du

                     Livre Canada 9, no. 1 (2018): 39-41.

2017            Milieux Speculative Life Biolab, « Bacterial Conversation, 20 décembre 2017,

                    https://speculativelifebiolab.com/2017/12/20/bacterial-conversations/

2017            Collectif    Bêtes     d’hier,  “Catharsis “,  Montréal  (2017):  17-18  et  82-85

2016             « Between surface and object », Paper Jam vol.1, avril 2016, p.7-8 et p.45-46

 

GRANTS

 

2018                   Concordia Print Media Richard Lacroix Paper Grant

2018                   Concordia Council on Student Life Special Project Grant

2017                   FASA Special Project Grant

2017                   CSU Special Project Funding

 

COLLECTIONS

 

Artist’s book Ayoye, ouch. is part of the Concordia Library’s Special Collections

Prints are also held in numerous private locations in the Canada and the United States